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Blues hivernal
L'été est bel et bien fini, les jours raccourcissent, le ciel s’assombrit, les premiers frimas apparaissent… sur la pointe des pieds, l’hiver montre le bout de son nez. En tout être solaire que nous sommes, ce manque d'ensoleillement nous affecte. Avec moins de luminosité, le manque d’entrain nous guette et la morosité nous investit.
Le blues de l’hiver se caractérise surtout par un déficit d’énergie, une humeur plus maussade, une propension plus accrue au sommeil et un plus grand appétit. Plus on s'éloigne de l'équateur, plus ce phénomène augmente, car les heures d'ensoleillement varient davantage au cours de l'année.
Il semblerait donc que la diminution de l’intensité et de la durée de la lumière solaire des mortes saisons agit sur l'équilibre chimique du cerveau en entraînant une variation du taux de mélatonine et une baisse d'activité du système sérotoninergique.
La mélatonine en cause
La mélatonine, hormone du sommeil, exerce une influence importante sur l'horloge biologique interne. C'est durant la nuit, à la noirceur, que sa production est à son maximum. La mélatonine, synthétisée lorsque nous dormons, est notamment impliquée dans la régulation de l'humeur et des rythmes biologiques. Lorsque notre taux de mélatonine augmente, la température de notre corps commence à baisser et notre cerveau est moins alerte, comme lorsque notre organisme se prépare au sommeil. Quand le jour se lève, la production de mélatonine baisse rapidement et notre corps sort de sa léthargie. Le taux de mélatonine est si bas durant le jour qu'il est difficile d'en déceler des traces dans notre corps.
Pendant l'hiver, lorsque la densité de la lumière diminue, la production de mélatonine serait donc en hausse et provoquerait, chez près de la moitié de la population, des changements au niveau de l'humeur, de l'énergie et de l'appétit.
A
l’approche de l’hiver, vous manquez d’enthousiasme, vous vous jetez sur
des sucreries, ce qui est inhabituel chez vous, vous rêvez de rester
sous la couette le plus longtemps possible... attention à la dépression
saisonnière ! Pour
4% à 6% de la population sensible au « blues hivernal », les symptômes
sont plus sévères et il apparaît alors une véritable dépression : la
dépression saisonnière aussi appelée T.A.S (trouble affectif
saisonnier). Une majorité de femmes est touchée par ce type de
dépression, mais les hommes n’en sont pas exempts et les enfants non
plus, 2 à 6 % d’entre eux âgés entre 9 et 19 ans en souffriraient.
Généralement, ce type de dépression survient au début de la vingtaine
et l'incidence de la maladie tend à diminuer avec l'âge.
Cependant, distinguons bien la
dépression saisonnière du « coup de blues » de l’hiver que la plupart
d’entre nous ressent de temps en temps.
La dépression saisonnière
La
dépression saisonnière est une des formes des troubles dépressifs. Il
s’agit d’un épisode de dépression qui s’installe le plus souvent à
l’automne ou au début de l’hiver, dure et ses symptômes
diminuent quand arrive le début du printemps. Pour porter le diagnostic
de dépression saisonnière et non pas d’une autre forme de dépression,
les symptômes doivent avoir été présents au moins deux hivers
consécutifs avec rémission complète en été. Les travailleurs de nuit,
les personnes qui travaillent ou vivent dans un endroit peu ou mal
éclairé peuvent aussi en souffrir, et ce, même en été. Ses causes
exactes sont encore obscures : taux de mélatonine, terrain génétique,
troubles bipolaires, interaction d'un ensemble de facteurs biologiques,
psychologiques, sociaux… des études sont toujours en cours.
Les
symptômes de dépression saisonnière surviennent toujours à la même
période de l'année, d'octobre à mars, mais surtout en novembre,
décembre et janvier, puis disparaissent progressivement au printemps.
Les symptômes fréquemment présents sont :
- un état de fatigue chronique et de somnolence le jour,
- une irritabilité, un état de tristesse et d'anxiété,
- des troubles de concentration,
- un besoin exagéré de sommeil,
- une augmentation de l'appétit (avec un goût marqué pour les hydrates de carbone : pain, pâte, pâtisserie, sucre…),
- la prise de poids,
- le désir de s'isoler avec une perte d'intérêt pour les activités habituelles,
- une difficulté à rencontrer des échéances et un manque d'initiative,
- une baisse de la libido,
- des malaises physiques (avec par exemple l'impression d'être grippé tout l'hiver)…
Les bienfaits de la lumière
Votre médecin déterminera avec vous s’il s’agit bien d’une dépression saisonnière. Et même si ces symptômes diminuent à l’approche du printemps, ce n’est pas une raison pour subir et ne rien faire ! L’objectif donné est de mieux supporter cette période, de retrouver tonus, libido et appétit normal. Les kilos amassés pendant l’hiver sont rarement bons pour le moral !
En
plus des traitements classiques de la dépression reposant sur la
psychothérapie effectuée par un spécialiste et sur les antidépresseurs,
la luminothérapie a aussi fait ses preuves.
La luminothérapie (aussi appelée
photothérapie) consiste, par le biais d’une lampe, à s'exposer à une
lumière intense (entre 5000 ou 10000 lux) contenant tous les spectres
de la lumière solaire sauf les rayons ultraviolets. L’exposition à
cette lumière dure entre 30 minutes et 1 heure par jour, voir 2 heures,
et ce de préférence le matin. Pour que l'exposition soit efficace, la
lumière doit atteindre la rétine de l'oeil. On constate une
amélioration très rapide. La luminothérapie permet de réduire les
symptômes de façon significative chez 60 à 80% des déprimés.
En pratique, cette méthode influence notre horloge biologique qui régit un certain nombre de nos fonctions, comme la reproduction, le rythme sommeil – veille et l’humeur.
Les 7 conseils capitaux
Pour prévenir le blues hivernal,
voici quelques petits conseils pour botter la morosité en beauté et se
refaire une santé au cœur de l’hiver !
Attention, toutes personnes souffrant de dépression doivent demander l'aide d'un professionnel de la santé, y compris celles souffrant de dépression saisonnière. Seul un médecin peut poser le diagnostic, car ces symptômes peuvent également refléter d’autres maladies. Si vous croyez être en dépression saisonnière, nous vous conseillons de consulter votre médecin afin de vous assurer du diagnostic et discuter avec lui du traitement le plus approprié.